vendredi 17 février 2017

Inventaire après rupture

Titre : Inventaire après rupture
Auteur : Daniel Handler
Traducteur : Rose-Marie Vassallo
Editeur : Nathan
Pas de collection particulière
Nombre de pages : 365
Résumé :
Voilà, Ed. Il y a tout à l'intérieur. Et tout le reste. Toute l'histoire de notre rupture. 

Entre deux classiques, j'ai décidé de prendre ce livre pour une lecture un peu plus légère. Le résumé ( enfin, l'absence quasi-totale de résumé ) m'avait intriguée, mais, plus que tout, c'était de savoir que derrière ce roman se cache l'auteur de la série Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire ( qu'il avait signée sous pseudonyme ), série qui a bercé mon enfance de lectrice. J'avais donc vraiment envie de savoir ce que ça donnait, un roman comme ça, entre ses mains.

L'intrigue est plutôt intéressante à suivre, on a vraiment envie de savoir ce qu'il s'est passé, comment les choses ont pu en arriver là. C'est un roman qui se lit plutôt vite, l'intrigue est prenante, même si ce n'est pas non plus le livre le plus addictif de la création. Cela reste une lecture bien sympathique, un peu plus profonde qu'elle n'en a l'air, très bien pour se détendre... Et les illustrations ajoutent une touche d'originalité bien agréable.

Les personnages sont complexes, poussés. J'ai vraiment adoré Min ( déjà, son prénom ne pouvait que me plaire... ), je me suis dans une certaine mesure identifiée à elle. C'était un peu bizarre, parce qu'on a pas non plus des milliers de points communs, et pourtant... Pourtant, parfois, je me retrouvais un peu, en elle. Dans les réflexions qu'elle se faisait.
J'ai aussi adoré Al, qui est un personnage un peu étrange parfois, mais juste génial. J'ai aussi beaucoup aimé la description de leur amitié, c'était touchant et beau, et fort.

La plume de l'auteur est juste magnifique, tout en finesse et raffinement, sans perdre le pied avec la réalité. Les réflexions de Min résonnent, mais le tout demeure vivant, réel. C'est magnifique, c'est riche, c'est beau... Une petite perle et, rien que pour ça, je m'en voudrais d'avoir raté ce roman.

Un livre servi par des personnages attachants et complexes, une magnifique plume et une intrigue plutôt prenante. C'est une bonne lecture, pas excellente car la légèreté fondamentale de l'histoire, bien que salutaire, n'était en fait pas vraiment ce qu'il me fallait à ce moment précis...

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4/5

Tartuffe, ou l'Imposteur

Résultat de recherche d'images pour "tartuffe bibliolycée"Titre : Tartuffe ou l'Imposteur
Auteur : Molière
Traducteur : /
Editeur : Hachette
Collection Bibliolycée
Nombre de pages : 206 ( sans dossiers )
Résumé :
En laissant Tartuffe entrer dans sa maison, Orgon ne pouvait pas imaginer qu'il allait mettre en péril sa fortune, son honneur, son bonheur et l'unité de sa famille. Et pourtant, c'est bien à quoi travaille "l'imposteur", mais toujours à l'insu du maître de maison : si Tartuffe courtise la femme d'Orgon, c'est sous prétexte de l'entretenir de religion; s'il spolie ses enfants, c'est sous couvert de les remettre dans le droit chemin; s'il s'approprie les cordons de la bourse, c'est pour mieux organiser la dévotion familiale. Comment, dans ces conditions, Orgon aurait-il pu s'apercevoir de son aveuglement et donner au faux dévot la correction qu'il mérite?

Ce livre est l'un des quatre que je dois lire pour mes cours de français durant les vacances. Oui, quatre livres. Tout ça parce qu'on a un bac blanc deux semaines après la rentrée et que la prof est un peu en retard sur son programme... Non pas que ça me dérange, moi. Enfin, bref... passons à la chronique !

Après avoir passé un mois à étudier Dom Juan en cours, je n'étais pas trop dépaysée en me lançant dans la lecture de cette autre grande comédie de Molière. Cependant, les différences sont quand même présentes. Tartuffe est un peu plus conventionnel au niveau du courant littéraire que Dom Juan. Néanmoins, c'est une pièce qui reste riche et fascinante, et également très actuelle.

L'intrigue est vraiment intéressante à suivre. J'ai très vite lu les cinq actes de cette comédie, pas toujours si comique que ça, d'ailleurs. Même si je savais comment ça allait se finir, j'ai tout de même pris du plaisir et j'ai passé un bon moment, d'autant plus intéressant que en même temps j'analysais légèrement, dans ma tête, ce qui se passait ( ça m'arrive de plus en plus souvent, maintenant... à force d'analyser, ça devient un mécanisme... ).

Les personnages sont très bien construits, plus riches psychologiquement que ce à quoi on pourrait s'attendre. Si je n'en ai adoré aucun, j'ai tout de même pris plaisir à les suivre, notamment Elmire, que j'ai trouvée très ingénieuse, Dorine, qui m'a fait beaucoup rire, et Cléonte, que j'ai trouvé intéressant.
Tartuffe m'a également fascinée de par la richesse du personnage, bien loin d'un habituel méchant de comédie...

A la différence de Dom Juan, en prose, cette pièce est écrite en vers. Bien que ce soit un peu plus compliqué pour la compréhension, j'ai adoré redécouvrir la langue de Molière, très riche, très belle. Les alexandrins sont magnifiquement écrits, et certains résonnent dans notre coeur. Les grandes tirades des personnages sont de pures merveilles, et j'ai adoré les lire.

Une lecture très intéressante avec sa pièce, à laquelle je crois néanmoins préférer Dom Juan. Mais cela reste une très bonne lecture, à connaître absolument !

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4/5

jeudi 16 février 2017

Un sac de billes

Titre : Un sac de billes
Auteur : Joseph Joffo
Traducteur : /
Editeur : Le Livre de Poche
Pas de collection particulière
Nombre de pages : 431
Résumé :
Paris, 1941. La France est occupée. Joseph et Maurice, deux frères juifs âgés de dix et douze ans, partent seuls sur les routes pour tenter de gagner la zone libre.
Récit autobiographique publié en 1973, traduit en dix-huit langues, Un sac de billes est un des 
plus grands succès de librairie de ces dernières décennies.

Ma mère nous a suggéré samedi d'aller voir le film dimanche ; or, comme je déteste voir un film sans lire le livre, je me suis empressé de le commencer. J'ai réussi à le finir juste avant de partir au cinéma :) J'ai d'ailleurs adoré le film, et j'ai adoré le livre...

Comme toujours avec les récits de témoignage, le fait que tout se soit déroulé pour de vrai, que les personnages soient des personnes, donne une puissance, une profondeur de plus au récit. On n'en est que plus touchés, plus happés par l'histoire. Parce que ça c'est vraiment passé comme ça.

Maurice et Joseph sont deux garçons vifs, courageux, que j'ai vraiment adoré suivre. Je ne cesserai jamais de m'extasier sur leur courage extraordinaire, ce courage qui les a poussé à continuer, envers et contre tout. Bon nombre d'enfants se seraient écroulés, à un moment ou à un autre, mais ils l'ont fait. Ils l'ont fait et c'est tout simplement extraordinaire. 
Les parents sont également des personn(ag)es étonnantes, inoubliables. Ce sont d'eux dont les enfants Joffo tiennent leur force, ils ont tout fait pour les sauver et leurs efforts resteront en mémoire.

L'action est palpitante, on se demande toujours s'ils ne vont pas finalement se faire arrêter, comment vont-ils s'en sortir... Impossible donc de lâcher le livre. Encore une fois, les horreurs de cette période de l'Histoire apparaissent, vives, réelles, sans fards. Que des hommes puissent infliger ça à d'autres, c'est quelque chose qui me dépasse...
La fin enfin est venue couronnée le livre. Elle m'a ( comme vous pouvez le deviner ) fait beaucoup pleuré, elle m'a énormément émue et touchée, comme tout le livre. Tout le récit m'a émue, et je ne l'oublierai pas de sitôt.

La plume est authentique, fraîche, vive. Les mots sont employés de telle manière que tout paraît encore plus vivant ( si c'est possible ), on s'attendrait à entendre Maurice se moquer de Joseph à voix haute... Les paysages, les images, apparaissent sous nos yeux. Magnifique, cette plume rend l'ensemble réel, vivant, présent.

Une magnifique lecture, bouleversante, qui m'a vraiment touchée et émue. Si vous ne l'avez pas lu, foncez : et profitez-en pour voir le film, il est aussi merveilleux.

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mardi 14 février 2017

Aeternia tome 2 : L'envers du monde

Titre : L'envers du monde
Tome 2 de la série Aeternia
Auteur : Gabriel Katz
Traducteur : /
Editeur : Scrinéo
Pas de collection particulière
Nombre de pages : 390
Résumé :
C’est l’heure du duel décisif entre les deux camps qui s’entredéchirent pour la cité mère de Kyrenia. Deux champions vont s’affronter sur le sable de l’arène, un combat qui peut faire basculer le destin d’un peuple entier. 
Déchirée par les luttes de pouvoir, la plus grande cité du monde est au bord de la guerre civile. Le culte millénaire de la Grand déesse, menacé par celui d’Ochin qui se répand comme un raz-de-marée, n’a plus qu’un recours : la violence. Entre complots, combats et trahisons, chacun lutte pour sauver sa place et parfois sa vie…

Comme je vous l'avais dit, j'avais adoré le tome 1 de cette série, et la fin était tellement... époustouflante que je n'avais pas résisté longtemps, avant d'entamer le deuxième et dernier tome. Je l'ai néanmoins entrecoupée de ma lecture de A l'Ouest rien de nouveau, mais je me suis très rapidement replongée dedans.
Attention ! Cette chronique contient un assez gros spoiler, je ne pouvais pas faire autrement ! Donc, si vous n'avez pas lu ce livre, ou le tome 1, passez votre chemin !

On retrouve dans ce second tome Varian, fidèle au poste, et Desmeon qui prend la place de Leth Marek assassiné à la fin du tome 1. Ce personnage est vraiment incroyable, et il a gagné une profondeur psychologique dans ce second tome, puisqu'il devient un des principaux narrateurs. Et cela a renforcé mon amour pur ce personnage extraordinaire. Ses actions, notamment à la fin, ont totalement fait fondre mon coeur, et je reste persuadée que c'est un personnage que je n'oublierai pas de sitôt... Varian, de son côté, s'étoffe aussi, chose que j'ai bien aimé, et les personnages secondaires sont une fois de plus aboutis et creusés. Seul bémol : j'aurais bien aimé savoir ce qui se passait dans la tête de Nessiriya, personnage extrêmement antipathique mais dont j'aurais aimé pouvoir comprendre les agissements...

L'univers où se déroule l'intrigue gagne aussi en complexité. Les intrigues, les secrets, les plus noirs agissements sont révélés au grand jour. Il se fait plus sombre encore, plus sanglant, plus cruel, plus réel aussi. Tous les ingrédients sont réunis pour créer quelque chose de solide, qui tienne la route, et d'immensément passionnant.

La plume de l'auteur est toujours aussi fluide, et agréable à lire. Le lecteur, totalement emporté par les mots, se laisse couler dans cette histoire comme dans une rivière ( de sang... ), et impossible de se décrocher ! Le roman se lit très vite, l'expression est aisée et plutôt riche. Sur ce point de vue de là aussi, c'est une fois de plus une réussite.

L'intrigue est toujours aussi palpitante, entraînante. Impossible de lever le nez du roman. Encore une fois, la narration alternée contribue grandement au succès avec une tension dramatique renforcée, du suspens comme il en faut et une frustration bénigne qui pousse à lire, encore et encore... J'ai beaucoup aimé le tour que prenait l'intrigue. Néanmoins, la fin m'a déçue. La direction prise par l'histoire m'a beaucoup plu, ce n'est pas ça le problème. J'ai juste trouvé la fin beaucoup trop abrupte, pas assez aboutie, creusée. Tout s'arrête hyper brusquement, et on est un peu coupés dans notre faim. Dans d'autres romans, cela serait passé à merveille, mais ici on a une impression d'inachevée très désagréable, qui nuit un peu au ressenti de la lecture.

Une excellente lecture une fois de plus : malgré le petit bémol de la fin, cela reste un excellent livre de fantasy, que je conseille vivement !

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5/5

lundi 13 février 2017

A l'Ouest rien de nouveau

Résultat de recherche d'images pour "à l'ouest rien de nouveau livre"Titre : A l'Ouest rien de nouveau
Auteur : Erich Maria Remarque
Traducteurs : Alzir Hella et Olivier Bournac
Editeur : Le Livre de Poche
Pas de collection particulière
Nombre de pages : 287
Résumé :
Témoignage d'un simple soldat allemand de la guerre de 1914-1918, A l'ouest rien de nouveau, roman pacifiste, réaliste et bouleversant, connut, dès sa parution en 1928, un succès mondial retentissant et reste l'un des ouvrages les plus forts dans la dénonciation de la monstruosité de la guerre.

J'avais vu le film en 3eme, grâce à ma prof d'histoire qui nous avait emmené le voir. J'ai gardé un très bon souvenir de ce film, et, lorsque j'ai vu le livre chez ma grand-mère, je me suis dit que ce serait l'occasion de le lire ( enfin, me direz-vous ), et puis ça peut toujours servir pour le Concours Général.

Même en me souvenant vaguement du film, cette lecture a été comme un électrochoc. Puissante, à couper le souffle. Une grosse claque dans la figure.
Rien ne vous prépare à ça. Comme rien ne préparait ces jeunes gens, même pas sortis de l'adolescence, à la guerre.

Une fois entré dans le roman, on ne peut pas en sortir, on ne peut pas arrêter d'y penser. Jusqu'à la dernière page. Suspendu aux lèvres de Paul, le lecteur entre dans son quotidien. Violent. Bouleversant. Comment peut-on penser que la guerre est une chose bien, après cette lecture ? Comment ne peut-on pas être touché par ce roman ? Les mots coulent, dépeignent la cruelle vérité. Bien souvent, on se retrouve à pleurer comme une madeleine, parce que c'est si affreux, si horrible, et pourtant vrai.
Les mots coulent, comme le sang et la boue. Ils se mêlent, tâchent les pages.
Nos pleurs s'y ajoutent.
Parce que c'est si horrible, si émouvant, bouleversant.
Et cette fin... Cette fin qui achève tout.

Les personnages sont attachants, si attachants. Des êtres humains lancés dans l'enfer de la tranchée. Qui essayent de s'en sortir. Qui doutent, qui ne savent plus à quoi cela sert, d'avancer. Des êtres humains dont on lit les moindres tourments, les moindres interrogations. Et soudain c'est comme s'ils se dressaient, à nos côtés.

La plume, incisive, puissante, qui ne cache rien. Les troubles secrets, les horreurs, la peur. La mort qui rôde. Sans fard, sans détournement, qui peint la dure réalité. La dure vérité.

On ressort bouleversé de cette lecture. Touché en plein coeur. Emu jusqu'aux tréfonds de notre âme. A lire absolument. 

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